"Après le pain, l'éducation est le premier besoin d'un peuple", disait Danton. L'idéal des révolutionnaires de 1792 de créer un système éducatif, laïque gratuit et obligatoire pour les garçons et les filles, est largement remis en cause par notre présiprince et son ministre de l'Education nationale qui est aussi le mien, hélas !
Depuis 2002, notre système éducatif subit les coups de boutoirs d'une politique ultralibérale dont l'objectif est de rendre marchands tous les services publics.
Y compris celui-ci. Surtout celui-ci !
Les campagnes de dénigrement des enseignants se sont succédées, de Ferry à De Robien, puis à Fillon et enfin à Darcos.
Trop laxistes, paresseux, post soixante-huitards, disposant de nombreux jours de vacances, nous sommes responsables de la faillite de l'éducation en France.
Les analyses sont courtes mais martelées, les jugements lapidaires, et l'UMP s'empresse de les répandre, relayée bien souvent par l'hebdomadaire Marianne qui, en ce domaine se montre particulièrement réactionnaire.
S'il est vrai qu'il y a des égarés dans le corps enseignant, j'en ai connu quelques spécimens, il est tout de même ahurissant, si l'on s'interroge sur le fonctionnement de l'institution, que jamais ne soient cités, les inspecteurs et les inspecteurs généraux des disciplines qui fixent désormais les programmes, les horaires et les démarches pédagogiques et qui sont responsables de notre formation continue.
Leurs missions sont essentielles dans une telle structure et leur responsabilité pédagogique au moins autant engagée que la nôtre.
Ils sont d'ailleurs nombreux à rédiger des manuels scolaires ou des ouvrages de pédagogie et à toucher de substantielles royalties de maisons d'édition aux mains de nos marchands de canons ou de nos bâtisseurs de barrages, de ports, ou de
mosquée géante.
En histoire géographie, une analyse du contenu de ces manuels et de leur iconographie est édifiante.
Nous sommes à des années lumières des recommandations que certains d'entre eux nous demandent d'appliquer à travers les textes officiels !
Grâce à la frénésie de réformes qui nous sont imposées, les nouveaux programmes du primaire et du collège vont permettre de mettre du beurre dans les épinards de ces hauts fonctionnaires si pointilleux sur la qualité de notre travail.
C'est pourquoi je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir cet extrait mis en ligne sur un
site officiel du ministère.
Vous apprécierez la qualité de la langue et la maîtrise de la syntaxe. Quant au contenu, c'est une véritable horreur à laquelle je consacrerai bientôt un billet.
Et sur le site de
Bakchich, un article qui démonte la façon dont Darcos impose ses programmes du primaire tout en faisant croire qu'il les a amendés après avoir pris en compte l'avis des enseignants.